Laurent Feron hypnose
Comment la respiration influence-t-elle le stress et l’anxiété ? Les neurosciences viennent de faire une découverte !

Saviez-vous que la respiration peut devenir un puissant outil pour apaiser votre esprit et gérer votre stress ?
Bien évidemment cette question est purement réthorique. J’espère que tout le monde aura répondu : “oui, bien sûr!”. Je vais prendre le temps de rentrer un peu dans le détail car ce qui est une intuition pour certains, une pratique depuis des siècles pour les autres, n’a jusqu’à maintenant que peu d’explications scientifiques.
Introduction : Le lien entre respiration et gestion du stress
Depuis des siècles, l’humanité a recours à des techniques de respiration pour trouver la paix intérieure et réduire l’anxiété. Le yoga, la méditation, l’hypnose et la pleine conscience ont démontré les bienfaits de la respiration sur le bien-être émotionnel. Mais ces pratiques ancestrales peuvent désormais être éclairées par les découvertes récentes en neurosciences, qui révèlent comment notre cerveau régule consciemment la respiration pour influencer nos émotions.
Cet article s’appuie sur un article de Nature Neuroscience : “A top-down slow breathing circuit that alleviates negative affect in mice”
Si vous êtes curieux de savoir comment vous pouvez utiliser votre respiration pour mieux gérer votre stress, cet article est fait pour vous.
Le rôle du cerveau dans la régulation de la respiration et du stress
Comment notre cerveau contrôle-t-il la respiration et comment cela affecte-t-il notre stress ?
Notre cerveau joue un rôle central dans la manière dont nous respirons et, par extension, dans la gestion de nos émotions. Ce mécanisme est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît, et il est directement lié à notre réponse au stress.
En novembre 2024, des neuroscientifiques de l’institut salk ont découvert un circuit cérébral spécifique qui relie le cortex frontal (la zone associée à nos pensées et comportements complexes) au tronc cérébral, là où la respiration automatique est régulée. Cette connexion permet au cerveau de coordonner la respiration avec notre état émotionnel et comportemental, et elle peut avoir un impact direct sur notre gestion du stress. C’est cette découverte qui fait l’objet de l’article que je citais en introduction
Un circuit cérébral qui régule la respiration volontaire
Le cortex frontal, responsable de nos décisions conscientes, envoie des signaux vers une zone du tronc cérébral appelée pont. Cette région inhibe l’activité du centre respiratoire situé dans la moelle épinière, ralentissant ainsi la respiration. Ce processus est essentiel pour notre bien-être émotionnel, car il nous permet de ralentir consciemment notre rythme respiratoire en réponse au stress ou à l’anxiété.
C’est en activant ce circuit qu’il est possible de modifier notre respiration de manière volontaire. Cela explique pourquoi des techniques comme la respiration lente, la relaxation profonde, l’hypnose ou le Qi Gong peuvent réduire l’anxiété et favoriser un état de calme. Respirer profondément nous aide non seulement à ralentir notre corps, mais aussi à apaiser notre esprit.
L’impact de la respiration sur nos émotions
Le lien entre respiration et émotions est étroitement lié au système nerveux autonome, qui contrôle les fonctions corporelles involontaires comme la respiration. Lorsque nous sommes stressés ou anxieux, notre respiration devient plus rapide et superficielle. Cela déclenche une réponse physiologique : une augmentation de la fréquence cardiaque, une élévation de la tension artérielle, et une sensation de panique.
À l’inverse, en ralentissant notre respiration, nous pouvons activer le système parasympathique, qui nous aide à revenir à un état de repos. Ce changement actif dans notre respiration permet de réduire l’anxiété, de calmer les émotions intenses et de rétablir l’équilibre de notre corps.
J’en ai déjà un peu parlé dans un ebook : “Mes 5 techniques de respiration préférées”
Neurosciences : Comment la respiration lente agit sur l’anxiété ?

Pourquoi la respiration lente aide-t-elle à réduire l’anxiété ?
L’activation du système parasympathique
Lors de moments de stress, notre corps passe en mode de réaction rapide, souvent appelé « réponse de fuite ou de combat », qui prépare notre organisme à une action immédiate. Cette réponse s’accompagne d’une accélération de la respiration et d’une libération accrue de cortisol, l’hormone du stress.
Ceux qui sont venus me voir au cabinet m’ont déjà certainement entendu parler de la “réponse de fuite ou de combat” :
Face à une situation (qui surprend, interroge, fait peur…) nous n’avons que deux façons de réagir : fuir ou combattre. Ceci dit il n’y a qu’une seule réaction qui garanti la survie de l’espèce : fuir. C’est certainement pour cette raison que j’ai souvent eu envie de fuir en courant quand, dans une vie antérieure, ma responsable me convoquait dans son bureau.
Certains ont sûrement entendu parler de la sidération, qui est une troisième façon de répondre à une situation stressante. Cependant la sidération ne peut pas vraiment être considérée comme une “réponse” du cerveau. Les neurosciences parlent plutôt ici de “bug” du cerveau.
Cependant, lorsque nous pratiquons la respiration lente, nous activons le système parasympathique, la partie de notre système nerveux qui régule les fonctions corporelles au repos. Ce système a pour rôle de ramener notre corps à un état de calme, en diminuant notre fréquence cardiaque, en abaissant la pression sanguine et en ralentissant notre respiration. Cela crée un environnement favorable à la réduction de l’anxiété.
Le rôle des neurosciences : respiration et régulation émotionnelle
Des études récentes sur les mécanismes neuronaux ont révélé qu’une respiration lente peut moduler l’activité de certaines zones du cerveau, notamment le cortex cingulaire antérieur. Ce cortex est impliqué dans la gestion des émotions et dans la prise de décision. Lorsqu’il est activé par une respiration calme, il envoie des signaux inhibiteurs à d’autres parties du cerveau, comme le tronc cérébral, ce qui permet de ralentir le rythme respiratoire et de réduire les niveaux de stress.
Les chercheurs ont également observé qu’en activant ce circuit neuronal, nous pouvons en réalité réduire l’anxiété en contrôlant notre respiration. Par exemple, lors d’épisodes d’hyperventilation liés à l’anxiété, ralentir consciemment la respiration peut restaurer l’équilibre du système nerveux et diminuer les symptômes physiques et émotionnels de l’anxiété. Bien évidemment tout ceci semble facile à dire … et en réalité facile aussi à faire ! Mais, un peu difficile à installer durablement. J’y reviendrai dans un autre article …
Les preuves scientifiques : respiration et réduction de l’anxiété
Des expériences menées sur des souris (merci à elles !) ont montré que l’activation du circuit cerveau-respiration pouvait directement affecter le comportement. Lorsqu’une respiration lente était induite par les chercheurs, les souris montraient moins de signes d’anxiété. Cela démontre le lien direct entre la respiration contrôlée et la réduction des symptômes anxieux.
Chez l’humain, ces découvertes confirment l’intérêt de pratiques ancestrales le yoga, l’hypnose, la méditation ou des techniques de respiration profonde, qui sont désormais largement reconnues pour leurs effets bénéfiques sur la gestion du stress et de l’anxiété.
L’activation consciente de la respiration permet de contrôler non seulement le corps, mais aussi l’esprit.
Conclusion : La respiration, une clé pour mieux gérer le stress
La respiration n’est pas seulement une fonction automatique de notre corps, nous pouvons aussi la contrôler consciemment. Elle devient alors un outil puissant que nous pouvons utiliser pour réguler nos émotions et apaiser notre esprit.
Dans une sociétè qui semble de plus en plus anxiogène et où l’éco-anxiété nous gagne peu à peu, l’explication scientifique validant l’effet de la respiration sur nos émotions et nos états internes, valide également l’ensemble des pratiques qui utilisent la respiration.
Sans surprise, les chercheurs en neurosciences veulent créer ce qu’ils appellent ironiquement la “pilule yoga”. Je ne doute pas qu’elle ferait la fortune de toute firme pharmaceutique. Quelque chose au fond de moi espère qu’ils n’y parviennent pas aussi rapidement qu’ils l’espèrent. En avons vous réellement besoin ?